L'exercice clos de la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC), traduit la persistance d'un déséquilibre structurel au sein de ses comptes.


D'après les indications de son rapport annuel, l'entreprise de marché a vu sa perte nette s'accroître de 41 % pour s'établir à 454,5 millions de FCFA en 2025, après un déficit de 322 millions enregistré un an plus tôt. Ce repli intervient pourtant à la faveur d'une amélioration des produits d'exploitation, le chiffre d'affaires s'étant apprécié de près de 6 % pour atteindre 927 millions de FCFA. Néanmoins, la progression rapide des charges, combinée à une dégradation de l'excédent brut d'exploitation, éloigne temporairement la bourse régionale des velléités de rentabilité entrevues par le passé.


Cette contre-performance financière contraste singulièrement avec la vitalité observée sur certains segments de cotation. Le compartiment des actions a en effet affiché des indicateurs bien orientés, portés par une hausse du volume des titres échangés et une appréciation globale de la capitalisation des six sociétés présentes sur le marché. En revanche, le compartiment obligataire a subi un recul de son encours global, pénalisé par des remboursements de capital nettement supérieurs aux nouvelles admissions homologuées au cours de la période.

Au cœur de ces tensions de trésorerie figure l'épineuse question du recouvrement des créances détenues sur les États membres de la zone, qui s'amoncellent à plus de 3 milliards de FCFA. Ces arriérés, constitués pour une large part de factures liées à l'introduction d'emprunts souverains, contraignent la direction à intensifier ses démarches diplomatiques et financières. 


Pour inverser durablement cette tendance, la place financière mise sur l'élargissement de son pipeline d'introductions, ciblant aussi bien des entreprises publiques régionales que des entités privées de premier plan désireuses de mobiliser de l'épargne longue.


Bernardo