La génération de revenus pour la banque centrale dépend prioritairement de ses fonctions de tutelle. Les gains sont majoritairement des prélèvements sur les dettes des pays membres et des interventions de refinancement auprès des établissements de crédit. La décision de porter le taux principal de refinancement à 4,75 % l'hiver dernier explique en partie ces flux. En parallèle, la gestion des placements externes, via des partenariats avec des institutions internationales, et la valorisation du stock d'or ont permis de maintenir un socle financier solide, alors que la croissance régionale plafonne à 2,4 %.

Si le profit comptable marque le pas, la progression des avoirs en devises constitue le véritable indicateur de santé. Le gouverneur Yvon Sana Bangui a mis en avant une remontée de la couverture des échanges extérieurs. En février 2026, les réserves permettaient de financer 4,52 mois d'importations, contre 4,2 mois en fin d'année dernière. Cet accroissement des stocks de monnaies étrangères éloigne les risques de dépréciation, garantissant la pérennité de la parité fixe. L'objectif premier reste la préservation de la valeur de la monnaie et la stabilité des prix.

La session de N'Djamena a également servi de cadre à la validation des réformes techniques pour simplifier les flux monétaires régionaux. Le déploiement d'un code de réponse rapide (QR Code) unique pour les six pays membres représente un progrès pour l'utilisation des services bancaires. En uniformisant les protocoles de transaction, l'institution vise une baisse des coûts de transfert pour les ménages. Ces mesures de modernisation, associées à une surveillance accrue des banques, confortent la position de l'organisme comme garant de l'équilibre économique en zone CEMAC.


Asaba