Cette croissance est largement tributaire de la vitalité des filiales du groupe Compagnie fruitière de Marseille. La Société des Plantations du Haut Penja (PHP), numéro un du marché local, a vu ses expéditions croître de plus de 37 %, atteignant 55 199 tonnes. Parallèlement, la Compagnie des Bananes de Mondoni (CDBM) enregistre un lien spectaculaire de 91 %, une envolée qui s'explique par l'intégration stratégique des actifs de Boh Plantations exploitées en fin d'année dernière. Ces investissements privés permettent aujourd'hui de saturer davantage les capacités logistiques vers les ports de destination.

Sur le flanc étatique, la Cameroun Development Corporation (CDC) amorce un redressement notable. Avec 11 287 tonnes exportées au premier trimestre, l'entreprise publique voit ses volumes progresser de 8,5 %. Bien que ce rythme soit plus modéré que celui de ses concurrents privés, il témoigne d'une reprise graduelle de l'activité au sein des plantations du Sud-Ouest, encore impactées par les instabilités régionales. Pour le deuxième employeur du pays, ce retour à la performance est un signal encourageant pour la stabilité sociale et économique de la zone.

Si les volumes augmentent, la valeur des exportations bénéficie également d'une conjoncture internationale porteuse. Le prix moyen du kilogramme de banane en zone CEMAC se maintient autour de 1,9 dollar, soutenant ainsi les recettes de l'État qui avaient déjà atteint un sommet de 67,8 milliards de FCFA en 2025. Avec l'Europe comme principal débouché (notamment via la Belgique et la France) et la sécurisation des accords commerciaux avec le Royaume-Uni, le Cameroun renforce sa position de fournisseur stratégique de fruits tropicaux, garantissant ainsi une entrée régulière de devises.


Asaba