Ce creusement de 398 milliards FCFA dans une découle d'une conjoncture défavorable sur deux fronts. D'une part, les recettes d'exportation ont fléchi de 5,2 % pour s'établir à 3 084,2 milliards FCFA, pénalisées par la mévente des hydrocarbures. D'autre part, les dépenses liées aux importations ont poursuivi leur ascension, progressant de 4,6 % pour atteindre 5 229,2 milliards FCFA. Les produits minéraux, transportés par les carburants et lubrifiants, pèsent encore près de 20 % de la facture globale, malgré une légère réponse du volume des achats dans ce segment spécifique.

L'analyse détaillée des flux sortants met en lumière la fragilité liée à la dépendance extractive. Les revenus tirés du pétrole brut ont chuté de près de 30 %, tandis que le gaz naturel liquéfié a reculé de 8 %. Si la filière cacao a joué un rôle d'amortisseur avec une croissance de 18,7 % de ses exportations en fèves, cela n'a pas suffi à compenser le manque à gagner des industries extractives. Hors pétrole, le déficit s'avère encore plus structurel, franchissant le cap des 2 850 milliards FCFA, ce qui témoigne de la persistance des besoins en biens d'équipement et de consommation non produits localement.

Ce déficit, qui s'établit à plus de 3 157 milliards FCFA si l'on exclut le gaz, souligne l'urgence de la politique de transformation des produits locaux. En dépit de la baisse relative des importations de clinker et de certains produits minéraux, le besoin en devises reste massif. Pour les autorités, l'enjeu réside désormais dans la diversification de l'offre exportatrice et la réduction de la facture alimentaire et énergétique, afin de stabiliser les échanges de plus en plus exposés aux fluctuations des cours mondiaux.


Ndjomo Carlos