L'embellie des dérivés du cacao


La filière cacao confirme sa mue manufacturière. Les expéditions de produits transformés, tels que la pâte et le beurre de cacao, ont progressé de 21,8 % en 2025. Ces segments ont généré des recettes respectives de 261,3 milliards et 115,6 milliards FCFA. Cette performance est d'autant plus notable qu'elle intervient dans un contexte de reflux des cours mondiaux des fèves. Le secteur reste dominé par Sic Cacaos (45,3 % des parts de marché), mais la montée en puissance d'Atlantic Cocoa témoigne d'une saine émulation qui tire vers le haut les volumes de chocolat destinés à l'export.


L'envolée spectaculaire du sucre et des farines


Le segment sucrier signe la progression la plus impressionnante de l'agro-industrie nationale. Les ventes internationales ont augmenté de 429,6 % pour atteindre un sommet décennal de 1,7 milliard FCFA. Cette réussite, portée par le leader Sosucam, est d'autant plus singulière qu'elle survit après une campagne marquée par des défis climatiques et une hausse du coût des entrants. Parallèlement, les exportations de pâtes alimentaires ont dépassé le cap symbolique du milliard de FCFA, sous l'impulsion d'une redistribution des cartes dans la minoterie, illustrée par la reprise de la SGMC par le groupe Cadyst.


Un ancrage régional


Si l'industrie camerounaise demeure modeste à l'échelle globale, elle assoit son influence sur le plan continental. Les exportateurs ont su optimiser leurs circuits de distribution pour répondre à la demande pressante des pays de la zone CEMAC et du Nigéria. Ce déploiement vers les marchés de proximité permet de stabiliser les recettes d'exportation face aux fluctuations des bourses internationales. En privilégiant les produits finis à forte valeur ajoutée, le Cameroun renforce sa souveraineté économique et réduit progressivement sa dépendance vis-à-vis des importations de biens de consommation courante.


BCN