Composé de 14 dirigeants influents issus des sphères de la finance et de l'énergie, ce comité à la lourde tâche de lever les verrous qui freinent encore l'investissement privé sur le continent. Sous la coprésidence de Makhtar Diop, Directeur général de la Société financière internationale (SFI), le conseil s'attachera à faciliter la structuration de dossiers d'envergure. L'approche privilégie désormais le financement catalytique : l'usage de capitaux publics ou philanthropiques, souvent en monnaie locale, pour sécuriser et attirer des flux financiers massifs vers des infrastructures à fort impact social.

Pour le Dr Kevin Kariuki, Vice-président à la BAD, l'implication directe des chefs d'entreprise est indispensable, car la moitié des investissements requis pour ce pacte énergétique doit provenir du secteur privé. L'enjeu est de créer un pont solide entre la réforme des politiques publiques nationales et la mise sur le marché d'actifs réellement finançables par les banques commerciales. Depuis son lancement en 2024, la Mission 300 revendique déjà le raccordement de 44 millions de personnes, un premier pas encourageant face aux 600 millions d'Africains toujours privés de lumière.

En marge de la création de ce conseil, les engagements pécuniaires s'intensifient. La Fondation Rockefeller et la Global Energy Alliance for People and Planet ont mobilisé plus de 100 millions de dollars pour la phase de préparation des dossiers techniques. De son côté, la Banque européenne d'investissement (BEI) s'est engagée à hauteur d'un milliard d'euros. Cette synergie entre bailleurs de fonds et capitaines d'industrie vise à sortir l'Afrique de la précarité énergétique en mettant sur une transition pragmatique, capable de répondre aux besoins croissants des industries et des ménages.


BCN